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10

Jun 2016

« Une chance qu’elle était là ! »

in Nouvelles - Blog

« Une chance qu’elle était là ! »

Mai 1999. J’ai chaud… j’ai des sueurs… j’ai la nausée. Cela fait déjà trois fois que je me traîne à la salle de bain parce que mon stress me fait vomir. Je suis certain d’échouer mon examen de ceinture noire !

La salle de bain du premier dojo de Québec sur la rue St-Vallier était à peine plus grosse qu’une petite garde-robe. Je suis épuisé … j’ai vomi trois fois.  Je suis convaincu que mon examen de ceinture noire, débuté depuis une heure, vire à la catastrophe.  Un de mes amis,  ceinture noire, essaye de me motiver, certains de me réconforter, tout ceux qui entrent dans le vestiaire pour m’encourager repartent bredouille. Et je me dis que probablement je n’ai pas ce qu’il faut finalement pour devenir ceinture noire. C’était peine perdue, le stress semble avoir gagné.

Mais elle est arrivée. Cette dame là…je l’aimais bien. Toujours gentille avec moi. Toujours avec le sourire. Une dame dans la cinquantaine qui enseignait à l’époque au groupe de 3 à 5 ans. En la voyant, j’ai espéré qu’elle me parlerait doucement…  Elle a d’abord demandé, sur un ton assez direct, à tous ceux qui étaient présents de sortir.

Je m’apitoyais sur mon sort et lui répétais que je voulais retourner chez moi. Que j’avais échoué ! C’est alors, que j’ai eu une des plus grandes leçons de ma vie.  J’ai eu le droit et le «privilège» de me faire remettre à ma place par madame Lise Jacques. J’ai tellement eu peur …que mon stress est disparu d’un coup.  J’ai tellement été secoué par les propos de madame Lise (propos qui resteront sous silence), que je me suis ressaisis. Plus confiant que jamais, je suis retourné sur le tatami pour effectuer mes katas devant Maitre Poulin.  Je ne pense pas avoir eu autant d’énergie et de détermination qu’à ce moment-là. Mes enchaînements, mes mouvements étaient exécutés avec force, précision et vitesse. J’étais redevenu le karatéka que je voulais être. J’ai passé mon examen avec mention. Aujourd’hui, je suis conscient que sans l’intervention de cette femme, Madame Lise Jacques, je ne serais pas instructeur car j’aurais sans doute laissé tomber….

Pourquoi vous faire un article sur Madame Lise Jacques. Il va de soi que, pour plusieurs d’entre vous, Elle ne vous dit probablement rien. Par contre elle est toujours présente. Elle fait partie du Cercle des Sages (comparable à un conseil technique sur le développement des Studios Unis). Elle pratique les arts martiaux depuis plus de 35 ans. Elle pratique également le Tai Chi et c’est à elle qu’on doit le programme des « bouts-choux » créé au studio de Québec dans les années 90.  Très proche de Professeur Cerio pendant de nombreuses années, elle a pu discuter et échanger sur ce que sont les arts martiaux et son développement au niveau interne. Si vous ne croyez pas à l’énergie interne, je ne vous souhaite jamais de vous faire bloquer un coup par Madame Lise, vous aurez l’impression que votre bras se désintègre !

Madame Lise a sans doute été une des premières femmes à enseigner le karaté régulièrement chez les Studios Unis. Il n’était pas évident dans un monde d’homme de faire sa place dans la pratique mais aussi dans l’enseignement. Elle a ouvert la porte à plusieurs femmes que l’on côtoie maintenant dans les dojos des Studios Unis. Selon moi, c’est un peu grâce à elle qu’aujourd’hui que les femmes ont une place de choix dans l’enseignement dans notre fédération.

Madame Lise s’est retirée de l’enseignement depuis quelques années et son œuvre se poursuit à travers une nouvelle génération. Les souliers étaient grands à porter mais les nouvelles instructrices savent relever le défi avec adresse.

Je vous invite à discuter avec elle vous serez surpris et ravi d’apprendre sur les arts martiaux internes, sur la philosophie et la vision de l’art martial que nous n’osons pas souvent abordés.

Madame Lise, ce texte ne reflète qu’une toute petite partie de la reconnaissance que j’ai envers vous.  Vous m’avez permis, avec des mots judicieux,  de trouver mon énergie lorsque j’en avais grandement besoin. Je prends l’initiative de vous dire « Merci ! » de la part des Studios Unis.

Grâce à vous, les autres femmes ont pu suivre vos pas et entrer par la porte laissée ouverte derrière vous.

Sans vous, la fédération des Studios Unis ne serait pas ce qu’elle est.

Vous êtes une grande dame dans une grande organisation !

 

Crédit photo : Jean-François Letarte

Marc-André Parent B.Sc. Intervention sportive

Dès les premiers coups de poing à son premier entrainement, Marc-André a eu la piqûre pour les arts martiaux. Il a débuté l’enseignement à titre d’assistant très tôt et s’est vu naitre une passion qui depuis 20 ans ne ceMAP (4) (Small)sse de croitre.

Titulaire d’un 4e dan en Nick Cerio’s Kenpo, ceinture marron en shotokan et bachelier en intervention sportive, instructeur certifié niveau 2 par la FQBO.  

Dans ses articles, il vous partage ses opinions sur plusieurs sujets d’actualités entourant le monde des sports de combat.

Il a pour mission de nous interroger, de réfléchir mais surtout d’échanger avec tous les pratiquants.

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29

May 2016

Katas Nick Cerio’s Kenpo: une espèce en voie d’extinction?

in Nouvelles - Blog

Katas Nick Cerio’s Kenpo: une espèce en  voie d’extinction?

Une fois qu’un kata a été appris, il doit être pratiqué à plusieurs reprises jusqu’à ce qu’il puisse être appliqué en cas d’urgence. La seule connaissance du déroulement d’une forme de karaté est inutile.

Gichin Funakoshi

Lorsque j’ai commencé le karaté et que je me suis engagé dans la compétition, j’ai vite remarqué que plusieurs compétiteurs démontraient des katas n’appartenant pas à la liste de ce que j’apprenais avec mon senseï.  Pourtant, nous étions tous régis par la même fédération.  On m’a informé  que c’était de vieux katas enseignés autrefois sous une autre bannière. Je devais moi faire les katas du style actuel et celui de mon niveau. Il n’était pas concevable et sous aucun prétexte d’apprendre un kata de ceinture noire si tu étais d’un niveau inférieur. Je me suis soumis au désir de mon instructeur même si je ne trouvais pas toujours équitable. De toute façon, ce n’est pas la forme qui fait la performance mais la manière de le faire.

Aujourd’hui je ne fais plus de compétition (un retour un jour peut-être ? !). J’ai remarqué qu’en tournoi, les katas de notre style, soit le Nick Cerio’s Kenpo, perdaient en popularité. Les katas qui sont démontrés par la nouvelle génération de karatékas sur les tatamis sont ceux de tous autres styles confondus. Nous avons eu l’aire Shotokan avec les Unsu, Empi, Kankudai et Jion, maintenant on se dirige plus vers les styles d’Okinawa, Shorin Ryu, Goju Ryu et Uechi Ryu et d’autres dont j’ignorais même leur existence.

Je crois que la compétition est un atout important pour la pratique mais elle ne doit pas entacher et mettre de côté ce que l’on fait dans nos propres dojos pour nos passages de grade. Est-ce que notre Circle of the Tiger et Cat Three sont en voie de disparation ?  Ce sont ces deux formes qui m’ont permis de me distinguer en tournoi et remporter plusieurs fois la première place. Il m’est arrivé à quelques reprises, moi aussi, de présenter  un kata d’un autre style afin d’amener de la nouveauté et de créer l’étonnement chez nos juges. Que se passe-t-il avec nos katas ? Ne sont-ils pas si peu intéressants ou esthétiques qu’ils sont mis aux oubliettes par nos compétiteurs? Que doit-on faire?

Dans le même ordre d’idée, exécuter un kata qui n’est pas de ton niveau est une grave offense,  selon moi, à la pratique. Tu peux l’exécuter mais il se peut que tu ne comprennes rien des subtilités ou des trésors qui y sont enfouis. Il est évident que pour faire un kata d’un niveau supérieur, l’exécutant doit d’abord et avant tout faire une recherche sur leur kata. En déterminer l’historique, l’analyse, les applications et s’assurer que la forme est bien comprise. Si l’on pratique de mainte et mainte fois le même kata (plus de 25 fois de suite) on devient en transe. Notre corps devient plus réceptif et le travail peut commencer. Surtout évitons Youtube afin de trouver les bunkais.

Faites durant un bref et court instant un retour dans le passé.  Mettez-vous à la place de vos prédécesseurs, qui n’avaient pas accès à toute l’information en un clic. Pratiquez, suez, perdez l’équilibre, recherchez l’essence de ce qu’est un kata.  Quel est son message ? Qui a-t-il d’important dans cette forme pour qu’on veuille me la transmettre ? N’oubliez pas que les katas sont les clefs de la connaissance de notre style, de l’art martial mais aussi de nous-mêmes. Passez à côté de la réelle pratique du kata fait de nous des gymnastes martiaux…et non des karatékas.

Je sais que je ne fais pas l’unanimité.  Certains seront insultés,  d’autres déçus, mais avec le recul, je constate que l’on gaspille du temps à chercher au mauvais endroit. Les katas du Nick Cerio’s Kenpo sont riches et renferment tout ce dont nous avons besoin pour accéder à la connaissance. Je ne parle pas ici de techniques secrètes ou cachées. Je parle de ce qui ne peut être enseigné. L’héritage émotionnel du concepteur. Son bagage qui selon lui était essentiel afin de devenir un meilleur karatéka mais aussi une bonne personne!

Certains peuvent déduire que nos katas ne sont pas aussi «à la mode» que Suparempai ou Kushankudai. J’avoue que je n’affectionne pas tous nos katas. Certains sont plus plaisants que d’autres à pratiquer. Cependant, si moindrement nous avons du respect envers  le Professeur Cerio et notre style, nous devons le démontrer davantage.

Au début et à la fin de chacun de nos entrainements, nous faisons un salut à professeur Cerio,  alors pourquoi pas lui rendre honneur en compétition… ?

 

Marc-André Parent B.Sc. Intervention sportive

Dès les premiers coups de poing à son premier entrainement, Marc-André a eu la piqûre pour les arts martiaux. Il a débuté l’enseignement à titre d’assistant très tôt et s’est vu naitre une passion qui depuis 20 ans ne ceMAP (4) (Small)sse de croitre.

Titulaire d’un 4e dan en Nick Cerio’s Kenpo, ceinture marron en shotokan et bachelier en intervention sportive, instructeur certifié niveau 2 par la FQBO.  

Dans ses articles, il vous partage ses opinions sur plusieurs sujets d’actualités entourant le monde des sports de combat.

Il a pour mission de nous interroger, de réfléchir mais surtout d’échanger avec tous les pratiquants.

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14

Apr 2016

Sportivement martial?

in Nouvelles - Blog

Sportivement martial ?

Japon- Avril 1957 Décès de Funakoshi Gichin

Japon- Octobre 1957 Premier championnat de karaté

 

À mes tout début, ceinture jaune, j’ai pris part à mon premier championnat au PEPS de l’Université Laval, à Québec. À cette époque, nous appelions ce tournoi le « Championnat nord-américain » qui est  l’ancêtre du prestigieux Québec Open de karaté.   J’avais 17 ans. J’étais jeune, fringuant, soif de gloire et de notoriété. Étant toujours le plus petit dans tous les sports pratiqués précédemment, j’ai trouvé ma « voie » dans le karaté car je pouvais finalement m’accomplir dans un sport. Je n’étais pas obligé d’être grand et costaud. J’étais rapide et agile alors je m’en sortais très bien.

Après plusieurs années, je me considérais soudainement un pratiquant martial traditionnel. J’aimais les katas, le maniement des armes (kobudo), le self-défense. Toutefois je considérais que la compétition était une pratique  non enrichissante.

J’ai décidé, alors, de parfaire mes connaissances de ce qu’est le karaté traditionnel. J’ai adoré ! On répétait plusieurs techniques simples sans arrêt, les entraînements étaient intenses et l’instructeur brillait par ses exemples. J’étais tout simplement emballé de compter en japonais et d’avoir finalement trouvé l’esprit du véritable karaté…

Moi qui considérais la compétition non nécessaire, imaginer ma surprise lorsque l’on m’invita à y participer.

On me disait que j’avais du talent, que ça serait bon pour le dojo. Évidemment, inconsciemment je me voyais très bien en compétition toutefois comme je l’ai mentionné précédemment  je n’étais pas là pour ça. J’étais en quête de quelque chose d’autre. En quête de réponse sur ce qu’était le VRAI karaté!

Toutefois les circonstances de mon cheminement personnel a fait en sorte que j’ai dû cesser la pratique du karaté dit « traditionnel ».  Il était devenu difficile de concilier travail, retour aux études et entraînement entrainement.

Un questionnement s’imposait :

Qu’est-ce que le karaté martial ?

Qu’est-ce que le karaté « traditionnel »?

Peut-on se dire pratiquant martial et compétiteur aguerri ?

Je crois que chaque individu peut trouver sa voie, peu importe la dimension choisie qu’offre le karaté.  Il est important d’y trouver un équilibre.  On peut être un excellent karatéka et prendre part à des compétitions. Ce qui est primordial dans tout ça, c’est de ne pas décrier la pratique de l’un ou de l’autre.

Chacun doit suivre son chemin seul… il doit suivre SA VOIE, faire SON CHOIX.  On peut se rendre à destination ou arriver à son but en suivant plusieurs chemins.  N’est-il pas primordial qu’au bout du compte le chemin choisi est celui ou on a trouvé ce que l’on cherchait:   l’accomplissement de soi…

Bref, Funakoshi Gichin était contre les confrontations compétitives.  Par respect pour Funakoshi, son successeur, Senseï Masatoshi Nakayama, a patienté jusqu’au départ de son mentor pour mettre en place le premier championnat de karaté. Je suis convaincu que cette décision fut une de ses meilleures.

Que retenir de tout ça ?  Se mesurer à autrui nous force à nous dépasser et nous permet d’atteindre une compréhension de notre propre personne. Certains trouveront que la compétition est une motivation extrinsèque et qu’elle n’est pas autant valable que celle du pratiquant martial traditionnel…  Mais, il faut aussi comprendre que la société évolue, les modes changent, l’être humain s’adapte et évolue également. Il ne faut surtout pas rester figés dans le temps, il faut continuer l’entraînement c’est ce qui vous aidera à devenir meilleur non seulement sur le tatami mais également dans la vie de tous les jours.

 

Crédit photo : Jean-François Letarte

Marc-André Parent B.Sc. Intervention sportive

Dès les premiers coups de poing à son premier entrainement, Marc-André a eu la piqûre pour les arts martiaux. Il a débuté l’enseignement à titre d’assistant très tôt et s’est vu naitre une passion qui depuis 20 ans ne ceMAP (4) (Small)sse de croitre.

Titulaire d’un 4e dan en Nick Cerio’s Kenpo, ceinture marron en shotokan et bachelier en intervention sportive, instructeur certifié niveau 2 par la FQBO.  

Dans ses articles, il vous partage ses opinions sur plusieurs sujets d’actualités entourant le monde des sports de combat.

Il a pour mission de nous interroger, de réfléchir mais surtout d’échanger avec tous les pratiquants.

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